musiquekoute

trois minutes

le résumé.

de quoi il s’agit, ce que les documents montrent, où est l’argent, ce qui bloque, et ce qu’on peut faire. chaque affirmation renvoie à son document. si tu n’as que trois minutes, cette page suffit · si tu veux vérifier, tout est à un clic.

mu·e, c’est quoi

musiqu-e · la musique, et le e de tout ce qui vient avec : les euvres, l’économie, l’héritage, ce qui évolue. c’est une plateforme d’information indépendante, tenue par des musiciens et des gens du milieu, sans publicité, sans but commercial et sans financement extérieur.

ce qu’on fait : on analyse le système actuel à partir de ses propres documents, on les héberge pour qu’ils restent vérifiables, et on écrit ce qu’ils disent. ce qu’on ne fait pas : accuser, deviner, ou parler à la place de quelqu’un.

ce qu’on veut construire : un système numérique de transparence des droits · savoir quelle œuvre a joué, où, quand et combien de fois, et que chaque ayant droit puisse le voir lui-même. pas contre une institution, mais avec qui veut s’en servir, la MASA comprise.

et pourquoi ça compte : une filière où l’on peut prouver ce qui a joué est une filière où l’on peut être payé correctement, ici comme à l’étranger. c’est ce qui permet à une culture de vivre de son travail et de circuler. ça se construit à plusieurs · avec l’expérience des artistes, des éditeurs, des ingénieurs, des juristes, de ceux qui savent des choses que nous ignorons, autour d’un objectif commun.

le point de départ

quand ta musique est jouée en public à Maurice · une radio, un hôtel, un club, un supermarché · le lieu paie une redevance. cet argent est collecté par la MASA, qui prélève ses frais et répartit le reste entre les ayants droit. c’est le principe, et il est normal.

le problème n’est pas le montant. c’est que personne ne peut savoir. un artiste reçoit un virement et ne peut vérifier ni quel morceau a joué, ni combien de fois, ni à quel taux · il n’existe ni relevé ligne par ligne, ni registre consultable, ni journal de diffusion public. dans ce noir, chacun remplit le silence avec la pire explication disponible. l’absence d’information fabrique le soupçon, et elle dessert autant la société que les artistes : aujourd’hui elle n’a aucun moyen de prouver qu’elle a bien fait.

deux sommes différentes, qu’on prend souvent pour une seule

rs 9 904 500 · l’exercice de juillet 2026

le montant brut collecté pour cet exercice, tel qu’il figure en toutes lettres dans la circulaire : Gross Amount Collected 9,904,500.20. il provient de cinq sources nommées · télévision MBC 2021, 2022 et 2024, radio MBC 2021 à 2024, événements 2025, Air Mauritius 2025, droits mécaniques septembre-décembre 2025. après prélèvements, rs 6 420 837 restent à répartir, dont rs 4 717 857 aux ayants droit locaux. c’est un rattrapage d’arriérés, pas une année courante.

rs 18 423 000 · une autre répartition, celle de décembre 2025

correction du 6 août 2026 : cette page présentait ce montant comme celui de l’exercice de juillet 2026. c’était une erreur de notre part, signalée par un lecteur, et nous la corrigeons ici plutôt que de l’effacer. les rs 18 423 000 correspondent au paiement des droits 2025, commencé le 12 décembre 2025, versés à environ 1 260 bénéficiaires locaux dont 50 de Rodrigues. deux exercices distincts, sept mois d’écart · les additionner ou les confondre fausse tout. et une réserve que nous devons à nos lecteurs : ce montant de décembre 2025 vient de la presse, nous ne détenons aucun document de la MASA qui l’établisse. rapporté par personne, il donne environ rs 14 600 par bénéficiaire, quand le seul exercice que nous pouvons documenter, juillet 2026, en donne rs 2 180. l’écart est trop grand pour être traité comme acquis · tant que la MASA n’a pas publié la circulaire de décembre 2025, cette ligne reste provisoire.

presse, 17 décembre 2025 · ouvrir l’article

rs 102 331 604 · le solde au bilan

de l’argent déjà collecté et toujours détenu, inscrit au poste « dû aux ayants droit » dans les comptes arrêtés au 30 juin 2022. il s’accumule depuis des années, exercice après exercice. l’exercice de juillet 2026 ne le vide pas : les rs 4 717 857 versés aux ayants droit locaux en juillet 2026 ne peuvent pas solder un encours de 102 millions arrêté en 2022, et quatre exercices se sont ajoutés depuis.

et les années qui ne sont dans aucune des deux

la circulaire nomme ses périodes, et par là elle nomme aussi ses trous. télévision MBC 2023 : absente · la radio couvre 2021 à 2024 sans interruption, la télévision saute 2023. 2025 et 2026 pour la MBC : absentes. les droits mécaniques avant septembre 2025 : absents. tout ce qui est antérieur à 2021 : absent. nous ne disons pas que cet argent a disparu · nous disons qu’aucun document public ne dit où il en est, et c’est précisément ce qu’on demande.

ce que montre le seul exercice entièrement documenté

attention à la période : ce n’est pas de l’argent de 2026. cet exercice règle des arriérés · télévision MBC 2021, 2022 et 2024, radio MBC 2021 à 2024, événements 2025, Air Mauritius 2025, droits mécaniques septembre-décembre 2025. de la musique jouée en 2021 est payée en 2026, cinq ans plus tard. et ce tableau ne dit rien des sommes plus anciennes, restées au bilan sans avoir été versées : ce sont deux choses différentes qui se ressemblent.

collecté en toutrs 9 904 500
dont la MBC, télévision et radiors 6 840 020 · 69%
prélevé pour l’administration– rs 2 966 628
prélevé pour le fonds social– rs 516 021
resté à répartirrs 6 420 837
versé aux ayants droit locauxrs 4 717 857
œuvres jouées sans nom attachérs 1 037 892
non traité faute de relevés completsrs 4 375 563
et, hors de cet exercice : dû aux ayants droit fin 2022rs 102 331 604
chiffre cité par la presse en 2025≈ rs 95 000 000

cinq chiffres qui se ressemblent et ne disent pas la même chose

collecté

ce qui est entré pendant un exercice. juillet 2026 : rs 9 904 500, pour des diffusions de 2021 à 2025.

un flux, sur une période

distribué

ce qui est réellement sorti vers des personnes. juillet 2026 : rs 4 717 857 aux ayants droit locaux, pour 2 160 bénéficiaires.

un flux, vers des bénéficiaires identifiés

non traité

rs 4 375 563 · collecté, mais impossible à traiter cette fois faute de relevés complets. reporté à l’exercice de décembre 2026. ce n’est pas perdu, c’est en attente.

un report

non documenté

rs 1 037 892 · de la musique qui a joué, dont l’argent existe, mais dont aucun nom n’a pu être attaché à l’œuvre.

un flux sans destinataire

dû au bilan

rs 102 331 604 fin 2022 · le cumul de tout ce qui reste à verser, toutes années confondues. c’est ce que la presse appelle les rs 95 millions. il ne s’additionne pas aux précédents · il les contient en partie.

un stock, à une date

ce qui bloque, en quatre points

1 · on paie sans compter

la licence est forfaitaire : un lieu paie pour le droit de jouer toute la musique. aucun relevé n’est exigé au moment où l’argent est perçu. rien n’enregistre donc ce qui a réellement joué. la feuille officielle compte quinze lignes, sans case pour le nombre de passages, quand un lieu ouvert douze heures par jour diffuse environ 5 400 titres par mois.

2 · on répartit sur un échantillon d’une seule radio

faute de relevés, la MASA décrit sa méthode ainsi dans son rapport 2021-2022 : « Sampling method of best 200 songs for local repertoire and 1/51 for foreign repertoire based on log sheets provided by MBC Radio ». si ton morceau n’est pas dans ces deux cents, il peut jouer cent fois en club sans rien te rapporter. c’est l’explication mécanique des 907 personnes payées entre rs 0 et rs 100 en juillet 2026.

3 · l’inscription est un dépôt physique

le formulaire de déclaration demande « PROOF OF WORK: LYRICS / CD / Contract ». on dépose un objet, pas une fiche. or c’est la fiche qui voyage : sans identifiant international d’œuvre et de personne, une société étrangère qui reçoit une revendication n’a qu’un titre et un nom, qui ne sont pas des identifiants. un CD dans un tiroir ne peut pas devenir un identifiant.

4 · et l’argent non attribué s’accumule

les bilans audités montrent ce qui reste dû aux ayants droit à la clôture : rs 61 M en 2014, rs 121 M en 2020, rs 102 M en 2022 · soit environ sept années de collecte. les règles prévoient pourtant qu’une somme non réclamée soit réaffectée au bout de trente-six mois. si cette règle s’applique, le solde devrait diminuer.

la boucle, en une phrase

le lieu paie pour toute la musique, donc aussi pour la tienne. personne n’enregistre que la tienne a joué. l’argent est donc réparti à ceux que l’échantillon désigne, et ta part devient une ligne appelée « œuvres non documentées ». on a collecté en ton nom, puis on ne t’a pas trouvé · parce qu’on n’a jamais demandé au lieu ce qui avait joué.

et déclarer ses œuvres ne suffit pas : même inscrit, même membre d’une société étrangère, un passage qui n’est pas mesuré ne devient jamais de l’argent. le maillon manquant n’est pas l’inscription, c’est la mesure.

ce qui peut changer, sans changer la loi

mesurer coûte désormais presque rien. l’empreinte sonore identifie ce qui passe à la radio et à la télévision sans la coopération de personne, parce qu’une diffusion est publique · c’est la norme mondiale, pas une inventivité locale. les lieux qui le souhaitent peuvent produire un relevé réel. les standards d’échange existent et sont ouverts.

la couche humaine, elle, reste coûteuse : inscrire, arbitrer, relancer, répondre, auditer. la question n’est plus « peut-on se permettre de compter ? » mais « qui compte, avec quel mandat, et devant qui rend-il des comptes ? »

un exemple concret vaut mieux qu’un principe : un lieu qui paie rs 10 000 par an et diffuse dix heures par jour paie environ rs 0,18 par passage, dont rs 0,115 survivent aux prélèvements. un morceau joué deux cents fois dans l’année vaut donc environ rs 23. aujourd’hui l’artiste concerné reçoit rs 0 · non parce que rs 23 est une petite somme, mais parce que rien n’enregistre que le morceau a joué. avec un relevé, le pot ne grossit pas : il arrive au bon endroit.

la suite · ce qu’on construit, et pourquoi ça avance lentement

la partie numérique existe déjà et tourne. l’empreinte sonore reconnaît un morceau à partir du son seul, sans métadonnées et sans la coopération du diffuseur · une diffusion est publique, donc mesurable. à côté, un catalogue relie chaque œuvre à ses ayants droit et à ses identifiants, pour que ce qui est reconnu puisse être attribué, ici comme à l’étranger. mis ensemble : on sait ce qui a joué, où, quand, et combien de fois. c’est exactement le maillon que personne ne fournit aujourd’hui.

ce que ça n’est pas : une société concurrente. la mesure est offerte à qui voudra s’en servir, la MASA comprise. mesurer n’est pas licencier, et une réforme qui réussit se verra à trois choses : des chiffres publics, un registre consultable, un taux d’appariement publié.

et une chose qu’il faut dire clairement : ce site et ces outils sont construits à côté de nos métiers, sans subvention, sans budget, sans personne payé pour le faire. c’est pour cela que ça avance par à-coups. plus il y a d’artistes derrière, plus vite ça se construit · pas en argent d’abord, mais en catalogues à indexer, en relevés de lieux, en corrections, en documents que nous n’avons pas, et en noms qui acceptent d’apparaître. un outil construit par ceux qu’il concerne n’a de comptes à rendre qu’à eux.

vérifier, ou aller plus loin

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musiqu-e.com · 2026

la ligne · 4 386 points, un par membre musical de la MASA (367 + 4 019) · masa.govmu.org, relevé le 4 août 2026

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